TOP 5: Pintxos à Egia

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Carlos de Gil Photographe et gestionnaire de contenus à Tutti Community

Nous avions une grande question en suspens. Après avoir parcouru la Vieille Ville, le Centre, Amara, Gros et Antiguo en quête des meilleurs pintxos, il était plus que nécessaire, pour rester objectives, de nous rendre à Egia, un quartier moins charismatique de Donostia - Saint-Sébastien « où il règne une atmosphère joyeuse »… et ces derniers temps des choses plus...

Egia est devenu une référence culturelle et artistique de notre ville, et il y a plusieurs raisons à cela. On y trouve des lieux de toujours, comme Le Bukowski et Gasteszena, et de nouveaux, comme Dabadaba ou La Farandula, qui proposent presque tous les jours des activités culturelles : des concerts, des pièces de théâtre, toute sorte d’événements. Et en 2015, l’ouverture de Tabakalera a été la cerise sur le gâteau.

Pourtant, ce qui nous plaît le plus à Egia, c’est que contrairement aux autres quartiers à la mode, il a réussi avec une grande habileté à conserver intacte sa personnalité de toujours, son identité euskalduna (Basque) et cette atmosphère d’ancien quartier ouvrier.

Comme on pouvait s’y attendre, l’offre gastronomique n’est pas restée à la traîne. Pour notre itinéraire d’aujourd’hui, nous avons sélectionné des établissements historiques et d’autres ouverts plus récemment, pour vous donner un exemple de ce savant mélange d’ancien et de nouveau que les egiatarras (habitants d’Egia) savent si bien concocter.

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Roulé de pain azyme, houmous maison, laitue, tomate, mayonnaise végane

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KM 0 est un restaurant végano-végétarien du Paseo Duque de Mandas, juste en face de l’imposant édifice de Tabakalera. L’établissement est grand, mais accueillant. Les nombreuses lampes qui pendent du plafond projettent un éclairage tamisé sur la salle où l’on peut déjeuner ou dîner dans une ambiance détendue. Iñaki, professeur de cuisine et propriétaire du restaurant nous explique ses débuts. « Nous avons ouvert il y a quatre ans, mais l’idée m’est venue il y a sept ans au cours d’un voyage. J’ai visité une communauté végane où j’ai pu constater que si les gens ne repartaient pas forcément guéris, ils allaient tout de même nettement mieux. Et comme à cette époque j’avais déjà presque abandonné la consommation de viande et de poisson, je n’ai plus hésité et j’ai décidé de devenir végane. De là à vouloir en faire profiter les donostiarras (habitants de Saint-Sébastien), il n’y avait qu’un pas ».

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Sa philosophie est simple et universelle : servir de quoi bien manger. Avec une carte à 95 % végane, on est étonné d’apprendre que « Presque tous les produits viennent de chez nous, nous faisons tout nous-mêmes, sauf le pain ».

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Nous optons pour un de ses durums (roulé de pain azyme, houmous maison, laitue, tomate, mayonnaise végane) et un falafel. Comme assaisonnement, nous choisissons une sauce au curry, mais nous aurions aussi bien pu choisir une sauce piquante, garam masala, ou rien tout. C’est au choix du client.

 

Cafetería Atotxa

Tartelette aux champignons, jambon ibérique et sauce au roquefort

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Inaugurée en 2003, presque en même temps que la place Teresa de Calcuta sur laquelle elle se trouve, la cafétéria Atotxa propose une carte de nourriture familiale dans un décor moderne. Sa clientèle, comme celle des autres établissements de la place, est faite d’habitants du quartier, de travailleurs, et de personnes qui se rendent au tribunal de la ville situé non loin de là.

Comme on pouvait s’y attendre, le pintxo phare de la carte est celui qui a été baptisé Atotxa : tartelette aux champignons, jambon ibérique et sauce au roquefort, le tout décoré de poireau frit assaisonné au vinaigre de Modène avec des boulettes de poivron.

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Itziar, la jeune femme qui nous sert, a beau nous expliquer que sa cuisine est « conventionnelle », cela ne nous empêche pas de trouver ce pintxo plutôt exceptionnel. Les ingrédients sont courants, c’est vrai, mais ils sont bien choisis et se marient à la perfection.

 

Tribuna Norte

Tosta du jambon à la plancha

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Rendant hommage à l’histoire du quartier qui a abrité la tribune nord de l’ancien terrain de football d’Atoxa de 1913 à 1999, le bar Tribuna Norte est un autre grand classique de la très fréquentée place Thérèse de Calcutta. « Le 23 juillet de cette année, cela fera 15 ans qu’on est ici. Nous sommes venus pour combler le vide laissé par le terrain et pour apporter de la vie à ce nouveau quartier », nous raconte le sympathique Pepe installé derrière le comptoir. Il nous explique l’incroyable variété de sa carte — elle va des mini omelettes toute simples aux artichauts fourrés au bacon et aux crevettes — et attire notre attention sur ce qui fait l’identité de son établissement « Nous servons à manger à toute heure. La cuisine n’est jamais fermée. C’est pour cela que nous avons beaucoup de clients qui viennent du tribunal. Ils sortent tard ou arrivent en dehors des horaires habituels et ils sont contents de nous trouver ».

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Nous choisissons une de ses tostas. « Nous la préparons à la plancha, nous ajoutons une touche d’ail, de l’huile d’olive de première qualité, et du jambon... Il suffit de regarder. »
C’est sûr ! Nous joignons une photo pour vous permettre de le constater par vous-mêmes.

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Bar Egia

Pain grillé, asperges panées enveloppées de jambon et de lamelles de poireau

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Nous montons la première côte du quartier, la rue Egia, pour faire notre quatrième halte tout en haut. Nous voilà au Bar Egia. Nous entrons dans ce grand bar avec une vaste salle. Des gens de passage se mêlent aux habitués qui jouent aux cartes sur les tables de bois.

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« Nous avons commencé il y a 35 ans. Nous servons surtout des assiettes combinées, des sandwichs, et beaucoup de pintxos. Le vendredi, c’est pintxo-pote (un pintxo gratuit pour une consommation) pour respecter la tradition... mais nous sommes surtout connus pour nos omelettes », nous confie Antonio, le patron du bar.

Nous sommes malheureusement arrivées trop tôt ou trop tard pour les goûter. Il est 11 h 30 du matin et les deux premières omelettes sont déjà terminées. « Nous sommes en train de faire la deuxième fournée, deux autres sont en préparation en ce moment même à la cuisine. Elles seront prêtes dans un moment ».

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Ça ne fait rien. Nous optons pour un des pintxos du bar, un que nous avions remarqué en entrant : pain grillé, asperges panées enveloppées de jambon et de lamelles de poireau. Délicieux.

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Il n’en reste pas moins que nous avons toujours très envie de goûter ces fameuses omelettes. « Vous pouvez les commander. Il y a des tas d’entreprises des environs et aussi beaucoup d’employés du tribunal qui nous en commandent ».

Nous partons en promettant de leur passer bientôt commande... nous ne pourrions pas retourner au Bar Egia sans avoir goûté une de ces omelettes dont on dit qu’elles sont peut-être les meilleures de la ville.

 

Bar Bidea

Tartelette sur un lit de laitue avec de l’avocat, de l’ananas, du surimi, de la sauce rose et une gamba

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Tout sacrifice mérite une récompense. Et l’effort que nous avons fait pour monter la rue Virgen del Carmen, une des deux épines dorsales du quartier avec sa sœur jumelle la rue Ametzagaña, est récompensé par notre arrivée dans un des bars les plus animés d’Egia, le Bar Bidea.

« Nous avons ouvert en 1982. C’était une simple cafétéria. On disait que nous ne tiendrions pas longtemps, et regarde ! Maintenant, nous servons des menus tous les jours de la semaine, des menus le week-end, des apéritifs, des petits-déjeuners... de tout ! » nous confie Txomin, le propriétaire, entre deux éclats de rire. « Et ce qui avait commencé comme une simple cafétéria est devenu bien plus que ça. Maintenant, c’est la plus ancienne amicale des supporters de la Real Sociedad : la Peña Bidea. Tous les ans, la deuxième semaine du mois de juin, la peña se réunit pour une fête. Nous sommes un lieu de rassemblement qui compte beaucoup pour les supporters et les habitants du quartier ».

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Isa, au comptoir, nous offre un des pintxos qui ont le plus de succès. Une tartelette sur un lit de laitue avec de l’avocat, de l’ananas, du surimi, de la sauce rose et une gamba. « La tartelette, nous la faisons nous-même avec du pain de mie au four » nous disent-ils pour l’anecdote.

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Avant que nous ne partions, ils nous conseillent de revenir un jour de match « C’est plein à craquer. Le bar, et aussi la terrasse où nous mettons une télé supplémentaire pour que personne ne rate une passe. L’ambiance est géniale ».

Nous quittons le Bar Bidea avec la promesse de revenir vérifier par nous-mêmes... Même s’il faut pour ça recommencer à grimper toutes ces côtes ! Il est vrai qu’un quartier comme Egia, authentique du nord au sud et dans ses moindres recoins, vaut bien toutes les marches, toutes les montées et les descentes du monde.

Et en plus… ça nous évite d’aller au club de gym !

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